L’ENTREPOT VIRTUEL DE THILLLA

Peinture et peinture ; portraits, jungles, thèmes d’exposition

Archives de février 2008

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Différentes interprétations autour d’un souvenir, d’une image lointaine et soudaine de l’agression, de l’agresseur. Les clichés et stéréotypes sont inévitables, il y a des cases à remplir. Chaque morceau de visage est séparé, la construction du portrait est standardisée, schématisée. Toutes ces étapes vident l’image de l’homme de son âme : toujours plus robotisé, le portrait devient anonyme.

Une distance particulière existe entre la réalité de l’agression (de l’agresseur) et l’agressé, entre la victime et le policier, entre la victime et son souvenir, entre des mots pour décrire et des signes visuels pour re-connaître, entre l’agresseur et son portrait-robot, entre le portrait-robot trouvé sur internet et moi (la peintre). Le portrait-robot n’est l’image de personne, déconnecté de toute réalité.

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Quand je peins un portrait-robot en couleur, j’interprète, je joue avec ces codes, humaniser et déshumaniser, personnifier le souvenir de quelqu’un d’autre avec des stéréotypes, des clichés, des détails ou déformations incontournables. Donner un statut de portrait à une image vide, ou plutôt évidée de sens, d’âme, de regard : une image morte diffusée en quête de ressemblance avec la vie, démystifiée par sa “présence” sur internet qui vulgarise et fabrique des images des hommes partout et tout-le-temps. Je peins des gens qui n’existent pas! sinon dans une réalité impalpable, virtuelle.

Il existe la présomption d’innocence… une grande marge d’erreur… l’effacement… et pourtant une présence dans la réalité concrète, une véritable existence puisque je les peins! A la fois liquide et défini, effacé et dessiné, entre déformation et formation, entre stéréotype et singularité… Qui sont-ils?

Formé par la peur et le traumatisme, le souvenir survit et se cristallise dans une image vulgaire et impersonnelle. Pourtant la victime reconnait son bourreau dans le dessin au moment où elle dit : “C’est lui!” ou “C’est elle!” au policier-dessinateur. Comment ce dernier peut-il créer une ressemblance sans avoir jamais vu le sujet? Sommes-nous comme dans un “Qui est-ce?” (le jeu) formés par des canons?

Le portrait-robot est en noir et blanc, la peinture est de la couleur. Je deviens une interprète de plus de ce souvenir. Alors je joue avec ces images. De la peur et de l’effacement jusqu’au jeu de la matière et des codes du portrait. Ce sont des portraits d’inconnus recherchés. Une victime innocente est terrorisée.

Rédigé par thillla

février 17, 2008 à 6:05

Publié dans portaits-robots